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Les 5 entrepreneurs qui révolutionnent l’économie du Sénégal

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Le Sénégal, moteur de l’économie africaine, s’appuie progressivement sur une jeune population à la fois entrepreneuriale et sociale, qui se préoccupe davantage de l’environnement dans l’élaboration de projets structurants. Parallèlement à cet état de fait, il convient de mettre également en avant le plan Sénégal Emergent (PSE), qui insuffle à la politique économique et sociale du pays une vision ambitieuse sur le moyen et long terme. C’est au travers de ces perspectives enthousiasmantes pour le pays qu’il semble opportun de dresser une liste non exhaustive des principales figures de l’entrepreneuriat sénégalais, et qui contribuent grandement à révolutionner l’économie locale. Découvrez Fati Niang, Fatoumata Bâ, Moustapha Sow, Khadim Bâ, Khadidiatou Nakoulima, les 5 entrepreneurs qui révolutionnent l’économie du Sénégal

Fati Niang, CEO de BlackSpoon

Fati Niang fait précisément partie de ces profils de jeunes entrepreneurs qui, partant d’une situation professionnel solide et bien établie, ont fait le choix de se tourner progressivement vers l’entrepreneuriat. Pour Fati, les raisons de ce changement étaient sans doute personnelles au départ, mais non moins motivées par une réelle curiosité, ainsi qu’une envie d’autonomie. De chargée d’affaires, Fati Niang s’est donc lancée dans l’aventure du food truck à partir de 2012 : ce concept, qui attire une population croissante d’entrepreneurs, s’inspire largement du concept de restauration nomade en provenance directe des Etats-Unis. Mais Fati est bien la première à avoir envisagé une telle affaire sur le sol français, avec un beau succès à la clé.
Résultat : grâce à une personnalité polyvalente et une véritable envie de faire ses preuves, Fati est sur le point de conquérir le marché européen. Et peut-être demain, une réputation au niveau international.

A l’origine, Fati Niang grandit en France et réalise l’ensemble de ses études sur le territoire hexagonal. Titulaire d’un BTS en action commerciale, elle commence à travailler dans un premier temps pour une société de conseil en aménagement intérieur de bureau. Elle juge cette expérience de 10 ans comme « extraordinaire », bien qu’elle démissionne ensuite pour se mettre à son compte. C’est là que le concept du Black-Spoon lui vient. Pendant longtemps, elle trouve que la gastronomie africaine et notamment Sénégalaise, n’est pas assez représentée dans le paysage Européen.
Son but à présent est de la faire connaître au plus grand nombre et de la valoriser à travers diverses actions (émission télé, ouverture de restaurants…). La démocratisation du « Thiébou Dieune », le riz au poisson en Wolof, typique de la gastronomie sénégalaise, est désormais son fer de lance.
Sans aucune formation préalable dans la restauration, la jeune femme parvient à développer un projet à la fois innovant et atypique.

Khadim Bâ, Directeur général de Locafrique

Difficile de faire l’impasse sur le monde de l’entrepreneuriat au Sénégal sans évoquer la figure de Khadim Bâ. Véritable « Success story » à lui seul, Khadim Bâ s’impose progressivement comme leader dans le domaine des énergies et des hydrocarbures dans son pays d’origine. Grâce aux efforts du jeune dirigeant auprès de la Société Africaine de Raffinage (SAR), la ville de Dakar est sur le point de devenir une véritable plateforme stratégique au cœur de l’Afrique de l’Ouest. Une vision rêvée et mûrie de longue date pour l’homme d’affaires, qui imaginait durant ses années d’études que la ville pouvait devenir à terme « l’une des plus grandes zones de transit d’or noir de tout le continent ».
Le jeune homme commence par étudier le management des hydrocarbures , auprès de la renommée HEC Montréal. Tout au long de sa vie professionnelle, il va relever de nombreux défis. En 2004, il rentre ainsi au service de la BMW AG Bank, au service de financement des importateurs. C’est à partir de 2010 que Khadim Bâ intègre la Compagnie Ouest Africaine de Crédit Bail – plus connue sous le nom de Locafrique. Quelques années plus tard, il prend une participation importante (à hauteur de 34%) dans le capital de la Société Africaine de Raffinage. Objectif : assurer une meilleure gouvernance de la structure.

En octobre 2020, avec deux autres valeureux opérateurs économiques sénégalais (M. Abdoulaye DIA de SENICO, Arona DIA de Sahel Invest), Khadim Bâ officialisait le lancement du projet de la centrale électrique de WEST AFRICAN ENERGY (WAE). D’une puissance de 300 MWs, cette centrale 100% sénégalaise sera l’une plus grosses centrales dans la sous-région, dont la finalité est de réduire le coût de l’électricité au sénégal à l’horizon 2022.

Fatoumata Bâ, fondatrice de Janngo

Parmi les personnalités de l’entrepreneuriat au Sénégal, il convient de s’arrêter un moment sur la personnalité de Fatoumata Bâ. Passionnée depuis longtemps par la technologie, et les bénéfices qu’elle peut en tirer au service de son pays, Fatoumata se passionne pour le monde de l’entrepreneuriat, et des luttes sociales de premier plan comme l’autonomisation des femmes. Son engagement sincère et durable au service de la croissance, de la santé et de l’éducation lui a valu d’être récompensée à plusieurs reprises. Elle a notamment reçu le prix des « Young Global Leader » auprès du Forum Economique Mondial. Actuellement, Fatoumata Bâ est Fondatrice et CEO, membre du conseil d’administration de Janngo. Cette plateforme unique en son genre en Afrique cherche à construire, à développer et à investir dans le champ digital dans le but de faciliter le quotidien des PME ainsi que des consommateurs africains.

Fatoumata Bâ est une enfant du Sénégal, née à Dakar en 1986 dans une famille de classe moyenne. Après l’obtention de son baccalauréat, elle continue ses études en France à partir de 2004, où elle obtient un Master à la Toulouse Business School. C’est à partir de là qu’elle se lance dans une carrière professionnelle, en rejoignant la société France Télécom durant deux années, où elle est chargée du développement des terminaux internes. Fatoumata s’illustre ensuite, à partir de 2012, auprès de la société Jumia, considérée par beaucoup d’observateurs comme « L’Amazon africain ». Elle y officie en tant que co-fondatrice et CEO pour la Cote d’Ivoire de 2013 et 2015, avant de prendre la direction de la filiale au Nigéria.

Khadidiatou Nakoulima, fondatrice de NEST for All

Derrière un visage juvénile se cache une redoutable entrepreneuse, au service de son pays et de ses concitoyens : Khadidiatou Nakoulima, jeune trentenaire et fille de pédiatre, gère aujourd’hui une maternité dédiée à la classe moyenne sur le sol de Dakar. La particularité de cette structure est de fonctionner comme une entreprise, avec pour objectif un développement régional. Cette initiative intéresse et attire bien évidemment de nombreux investisseurs dans la capitale sénégalaise, à commencer par le Président de la Banque européenne d’investissement Werner Hoyer.

Le parcours initial de la jeune femme est étonnant : elle grandit tout d’abord dans une famille de médecins, son père et ses oncles exerçant dans le domaine de la santé. Ce secteur en particulier est donc familier pour la jeune professionnelle, qui s’intéresse très tôt à ces femmes qui ont perdu confiance en le système de santé Sénégalais. Un constant qui lui permettra plus tard de lancer avec grande confiance le réseau médical NEST, avec pour objectif de retrouver ce lien de confiance avec le public. En 2009, Khadidiatou lance ainsi avec son frère cette idée de réseau à destination des femmes et des enfants au Sénégal. Le projet prend forme lorsque, en 2011, un premier plateau pédiatrique ouvre, puis une maternité en 2013.

Moustapha Sow, PDG et Fondateur de SF Capital

Parmi les enfants du Sénégal qui ont pleinement réussi leur carrière d’entrepreneur, il faudra également citer la figure de Moustapha Sow. Ce jeune spécialiste de la finance, qui a récemment fêté ses 40 ans a parcouru le monde et les opportunités dans les plus grandes banques avant de revenir dans son pays d’origine, pour y fonder une banque d’affaires avec une dimension « conseil » : SF Capital. Le jeune homme n’aura d’ailleurs de cesse de le répéter : s’il se montre reconnaissant envers les différentes opportunités qui se sont offertes à lui durant sa carrière, sa volonté de revenir s’installer durablement au Sénégal pour y apporter sa contribution était, au final, plus forte. Il déclarera à ce titre, pour les besoins du magazine Forbes Afrique : « J’ai quitté mon pays avec l’ambition de me former, pour pouvoir ensuite y retourner et le servir […]. J’ai ainsi pu apporter à l’Afrique toute mon expérience et mon expertise acquise à l’étranger ».

Moustapha Sow est né à Kaolack, une localité située au centre du Sénégal. C’est là-bas qu’il effectue la majeure partie de sa scolarité, avant de partir à l’étranger à partir de 2001. Après un passage dans le Michigan dans la ville de Détroit, il débarque à Montréal en 2004 où il entame des études universitaires. Mais ce n’est qu’en 2010, après des études en finance à l’Université McGill, qu’il est approché par Citibank pour devenir analyste. L’année 2017 coïncide avec la volonté du jeune homme de revenir dans son pays d’origine, et de fonder au mois de juin son cabinet de conseil spécialisé dans la finance.

 

Au travers de ces quelques portraits, nous pouvons déceler les contours d’une Afrique jeune, ambitieuse et prête à relever le défi de la modernité. Les nombreuses initiatives menées par des entrepreneurs ambitieux dans des pays comme le Sénégal permettent d’entrevoir des perspectives de croissance et de développement absolument favorables. Notons à ce titre la remarquable résilience économique des pays d’Afrique de l’Ouest comme le Sénégal, face à l’épidémie de Covid19. Une situation qu’il convient tout de même de mettre en perspective avec le reste du continent, qui entre en récession en 2020 et pour la première fois depuis plus de vingt ans.